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Jazzmaniac
Monday, July 31, 2006
Art Blakey :
A Night at Birland Vol. 1 & 2
Ce disque Live historique nous renvoie aux origines du Hard-Bop.
Enregistré en février 1954, il inaugure une année prolifique qui verra naître le quintet Clifford Brown-Max Roach, les collaborations Miles Davis-Horace Siver dans "Walkin'" et "Bags Groove" et en novembre les premiers enregistrements des Jazz Messengers le groupe référence du mouvement co-dirigé par Horace Silver et Art Blakey.
Ce disque réunit quelques-uns des acteurs principaux de l' émergence de ce style qui est aujourd' hui dominant dans le jazz :
Clifford Brown
, le trompettiste météore disparu à l' âge de 26 ans ;
Lou Donaldson
, altiste brillant qui deviendra un des leaders du Soul-Jazz , il montre ici un jeu trés parkérien ;
Horace Silver
, un des grands inventeurs du Hard-Bop, il apporte la touche
bluesy
à la musique du groupe ;
Curly Russell
, contrebassiste qui avait déjà collaboré avec Charlie Parker et
Art Blakey
qui montre ici toute la puissance et la vitalité de son jeu.
Toutes ces futurs stars ne sont qu' au début de leur carrière au moment de ce Live mais elles ont déjà une maîtrise parfaite de leurs instruments. Les solos de Clifford Brown sont particulièrements brillants, notamment dans la ballade "Once in A While" et le parkérien "Wee-Dot". La beauté de son son et sa vélocité dans ses impros sont proprement uniques.
Avec de nombreux thèmes empruntés au Be-Bop comme "A Night In Tunisia" de Gillespie ou "Now's The Time " de Parker, ce disque n'en est pas moins un des plus parfaits exemples du style Hard Bop.
Le Hard-Bop est né en réaction au cool jazz que certains noirs ont considéré comme une récuppération affadissante du Be-Bop. Le Hard-Bop se propose dons de re-vitaliser et viriliser le Jazz. Il s' accompagne par un certain retour aux sources de la culture noire-américaine en mélangeant le gospel, le blues et les acquis du Bop ainsi qu' au retour de l' expressionnisme avec des solistes comme Charles Mingus, Cannonball Adderley ou Jackie McLean.
Ce disque est un véritable bain de jouvence qui nous replonge dans cette époque intensément créatrice.
Extrait audio: "
Announcement by Pee Wee Marquette - Split Kick
(Horace Silver)
"
Sunday, July 30, 2006
Mes disques Blue Note favoris :
1. Art Blakey :
A Night at Birdland, 1954
Un Live historique avec pratiquement que des futurs leaders du label : Clifford Brown, Lou Donaldson, Horace Silver et bien sûr l' immense Art Blakey.
2. Grant Green :
Idle Moments, 1963
La quintessence du style Soul-Jazz.
3. Sonny Rollins :
A Night at the Village Vanguard Vol. I & II, 1957
Encore un Live historique avec Elvin Jones à la batterie.
4. Horace Silver :
A Song For My Father, 1963
Le chef d' oeuvre d' Horace Silver avec Joe Henderson.
5. Cannonball Adderley :
Somethin' Else, 1958
Un grand disque avec un sublime Miles Davis.
6. Herbie Hancock :
Maiden Voyage, 1965
Un disque audacieux avec Freddie Hubbard, George Coleman et Tony Williams.
7. Jackie McLean :
Let Freedom Ring, 1962
Un disque presque free du fougueux Jackie McLean.
8. Wayne Shorter :
Adam' s Apple, 1966
Un superbe disque de Shorter avec Herbie Hancock et Joe Chambers.
9. Lee Morgan :
Leeway, 1960
Un chef d' oeuvre Soul-Jazz méconnu avec un lumineux Jackie McLean et les soulful Bobby Timmons et Art Blakey.
10. Ornette Coleman :
At The Golden Circle, Vol. I & II, 1965
Un Live tonitruant d' Ornette avec David Izenzon à la basse et Cherles Moffett à la batterie.
11. John Coltrane :
Blue Train, 1957
La tornade Coltrane encore trés Hard-Bop !
12. Bud Powell :
The Amazing Bud Powell Vol. I & II, 1949-1953
Le génie de Bud.
13. Wayne Shorter :
Speak No Evil, 1964
Un superbe album assez dans l' esprit du "Maiden Voyage" de Hancock.
14. Don Cherry :
Complete Communion, 1965
Du Free chez Blue Note !
15. Grant Green :
Talkin' About, 1964
Un formidable disque de Grant Green avec le grand organiste Larry Young.
16. Lee Morgan :
The Sidewinder, 1963
Un classique du Jazz Funky avec encore Joe Henderson !
17. Andrew Hill :
The Point of Departure, 1964
Le chef d'oeuvre du pianiste Andrew Hill avec l' extraordinaire Eric Dolphy.
18. Herbie Hancock :
Takin' Off, 1962
L' album du hit "
Watermelon Man
" (extrait audio) mais pas seulement.
19. Kenny Burrell :
Midnight Blue, 1967
Un délicieux disque Soul-Jazz avec Ray Barretto aux percus.
20. Big John Patton :
Let' Em Roll, 1965
Un bijou groovy avec Grant Green et Bobby Hutcherson.
Cette liste ne se veut en aucun cas un classement des meilleurs disques Blue Note, qui n' aurait aucun sens. Elle indique seulement un degré de préférence tout relatif et se veut une modeste sélection parmi le trés riche catalogue Blue Note.
Swinguin' with the Oscar Peterson Trio !
Le sublime trio d' Oscar Peterson avec Ray Brown à la basse et Ed Thigpen à la batterie signe en 1964 avec "
We Get Requests
" son chef d'oeuvre. Le disque est un modèle de swing et d' élégance pour tous les trios de Jazz. La parfaite entente entre les musiciens est lumineuse tout au long de l' album. Le répertoire est d' une grande variété alternant standards, thèmes bossa-nova (plutôt nouveaux pour le groupe) et une mélodie originale "
Goodbye, J.D.
" pour conclure l' album.
Le trio se refuse ici à une démonstration de virtuosité, la plupart des titres étant mid-tempo. C' est un swing léger, aérien et mélodique que nous propose le trio.
Le sommet de l' album est pour moi le titre "
Have You Met Miss Jones ?
". Oscar expose la mélodie de manière trés romantique avant que le tempo s' accélère peu à peu avec l' arrivèe de la basse swinguante de Ray Brown, le titre devient ensuite un feu d' artifice de swing.
On peut aussi remarquer la magnifique lecture de la ballade "
The Days of Wine And Roses
" et le titre swinguant emprunté au MJQ et composé par John Lewis "
D&E
". Malgré toute cette diversité, le disque trouve une belle unité.
De la musique cinq étoiles à savourer !
J' aimerai aussi vous conseiller d' autres disques du trio d' Oscar Peterson.
D' abord, deux Live du trio piano-guitare-basse avec Herb Ellis et Ray Brown :
- "
The Oscar Peterson Trio at the Stratford Shakespearean Festival
", Verve, 1956
- "
The Oscar Peterson Trio at the Concertgebouw
", Verve, 1958
Et trois autres disques du trio de "
We Get Requests
" :
- "
The Trio: Live from Chicago
", Verve, 1961
- "
The Sound of the Trio
", Verve, 1961
- "
Night Train
", Verve, 1962
Friday, July 28, 2006
Miles Davis :
The Cellar Door Sessions 1970
Sony Music a fait un immense cadeau à tous les fans de Miles en publiant ce coffret extraordinaire. Six disques au coeur d' un des groupes les plus passionnants de la période électrique de Miles, enregistrés dans des conditions parfaites au Cellar Door de Washington en 1970.
La section rythmique composée de Jack DeJohnnette à la batterie et du jeune Michael Henderson (19 ans à l' époque) à la basse est absolument prodigieuse.
Airto Moreira aux percussions ajoute ses sons étranges et mystérieux à l' irrésistible groove maintenu par les deux premiers.
Une des grandes découvertes du coffret est l' extraordinaire performance de Keith Jarrett au Fender Rhodes. Pour quelqu' un qui a souvent exprimé sa méfiance vis à vis des instruments électriques, il semble ici particulièrement à l' aise. Il faut noter qu' il devait partager quelques mois plus tôt les claviers avec Chick Corea et il n' arrivait pas à s' exprimer pleinement dans ce contexte. Il est responsable de quelques-uns des plus beaux moments de ce coffret avec ses magnifiques introductions solos, ou la manière malicieuse qu' il a d' accompagner la trompette mutante du maître, surtout dans les différentes versions de "
Honky Tonk
".
L' incandescence du jeu du sax Gary Bartz colle parfaitement à la musique du groupe, superbe !
Les deux derniers disques voient l' ajout du guitariste John McLaughlin. McLaughlin est sans doute une des figures les plus importantes de la période électrique de Miles. Il a tenu une place majeure dans les trois grands chefs d' oeuvre électriques de Miles : "
In A Silent Way
", "
Bitches Brew
" et "
A Tribute to Jack Johnson
". Personnellement, le sommet de la collaboration Miles-McLaughlin est à chercher dans un titre fleuve de "
Big Fun
", l' époustouflant "
Go Ahead John
".
Outre le plaisir d' écouter ce groupe extraordinaire, il y a bien sûr le jeu de Miles.
Son sens quasi mystique du timing n' a jamais été aussi net que dans cette période même si cette qualité est primordiale dans son jeu depuis ses débuts.
A partir des années 70, il procède à une épuration de son style pour donner une place encore plus importante au rythme. Son jeu gagne ainsi en puissance et en profondeur.
La musique de ce coffret communique des émotions d' une rare intensité.
So, Enjoy !!!
Extrait audio :
"What I Say" (Miles Davis)
Wednesday, July 26, 2006
Sensuelles musiques pour nuits d' été !
Si vous avez envie d' écouter de la Soul music torride pour accompagner vos nuits estivales, je vous conseille ces deux albums Motown de 1976 "
I Want You
" de
Marvin Gaye
et "
Musical Massage
" de
Leon Ware
.
La genèse de "
I Want You
" est plutôt originale. Le single-titre a été écrit par Leon Ware pour le nouvel album de T-Boy Ross chez Motown. Le patron de la firme, Berry Gordy, apprécia tellement la chanson qu' il voulut en faire le nouveau single de Marvin Gaye. Marvin approuva ce choix. Ware poursuivit l' écriture de son nouvel album. Après avoir fini les mélodies et les arrangements de tous les titres, il fit écouter le fruit de son travail à ses amis chez Marvin Gaye. Marvin fut tellement séduit par ces titres qu' il voulut tous les utiliser pour son nouvel album. Ware accepta comme attendu car on ne pouvait pas refuser grand chose à Marvin Gaye à cette époque.
L' album "
I Want You
" se révéla être une grande réussite tant commerciale (il atteignit le Top 10) qu' artistique. La voix de Marvin se lovant admirablement dans les arrangements subtils de Ware. Il retrouvait avec cet album l' univers érotique du fameux
"
Let's Get It On
" mais avec un son plus moderne fortement inspiré par le disco.
L' édition Deluxe parue en 2003 offre de nombreuses versions alternatives souvent passionnantes notamment des versions instrumentales et une sublime version de "
I Want You
" avec juste la(
les
) voix de Marvin et la rythmique. J' ai écrit
les
voix de Marvin car les arrangements vocaux de l' album utilisent avec talent la technique de l' overdubbing qui consiste à superposer plusieurs pistes enregistrées par la même personne.
Ayant donné ses chansons à Marvin, Leon Ware dut se remettre au travail pour créer un nouvel opus. Ses qualités d' arrangeur sont intacts dans "
Musical Massage
" avec une présence des cordes plus importante et quelques titres plus rythmés comme le trés bon "Body Heat".
Il nous fait apprécier aussi sa trés belle voix, écouter par exemple l' explicite "
Don't You Wanna Come
". A noter que l' édition Cd offre en bonus des interprétations de Ware de titres issus d' "
I Want You
". Même si on retrouve dans cet album la même sensualité que dans "
I Want You
", le charisme extraordinaire de Marvin Gaye n' est pas là et cela fait toute la différence.
Merci à allmusic.com, une véritable mine d' informations musicales qui m' a beaucoup aidé dans la rédaction de cet article.
Extrait audio :
"I Want You" (T-Boy Ross/Leon Ware)
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