Wednesday, November 19, 2008

Enfin du nouveau !


Bonjour à tous,
Pour ceux qui écoutent mon jukebox , voilà une nouvelle playlist éclectique avec l' excellente chanteuse Patricia Barber, une de mes récentes découvertes dont je vous conseille vivement son dernier superbe album "The Cole Porter Mix" ainsi que son précédent, l' ambitieux et splendide "Mythologies". Merci à Mezzo pour la diffusion de son excellent concert donné en octobre au festival de Belgrade !
Vous pourrez aussi écouter les chanteuses de Jazz, Billie "Lady Day" Holiday, Ella Fitzgerald, Nina Simone, Abbey Lincoln.
Du Jazz West Coast avec Shorty Rogers, le grand Sonny Rollins avec un extrait de son dernier CD Live.
Le rock est aussi bien représenté avec Led Zeppelin, The Rolling Stones, Jimi Hendrix, The Yardbirds et Cream.
Régalez-vous !

Saturday, August 02, 2008

Charles Lloyd à Fourvière !

Charles Lloyd, accompagné par le percussionniste indien Zakir Hussain et le batteur Eric Harland, a donné ce vendredi une superbe performance dans le cadre du festival des "Nuits de Fourvière" à Lyon.
Charles Lloyd s' est montré fort inspiré avec un son habité d' une intense spiritualité, que ce soit au ténor, à la flûte ou au taragato, curieux instrument d'origine hongroise à mi-chemin entre la clarinette et le saxophone soprano. Ses phrases qui évoquent parfois le grand Coltrane sont toujours d' une grande justesse.
Outre le plaisir d'entendre ce grand musicien, nous avons pû apprécier un tandem rythmique de haut vol avec Zakir Hussain aux tablas dont la virtuosité est toujours aussi impressionnante et qui s'allie avec une magnifique musicalité et le remarquable batteur Eric Harland qui réussit le tour de force de dialoguer d' égal à égal avec Hussain, il a montré un jeu trés riche et subtil, absolument enthousiasmant.

Le concert a offert de longs titres méditatifs où Zakir Hussain au chant a porté la musique vers des sommets d'émotion, ainsi que des passages au piano où Lloyd et surtout Harland ont montré des appoches intéressantes de l'instrument. Les passages animés ont été l' occasion de beaux solos de ténor et de taragato de Lloyd ainsi que de formidables solos des deux percusionnistes.
Un superbe concert d'un groupe qui tient sans aucun doute le haut du pavé dans le Jazz actuel.
Il ne reste plus à ceux qui n'ont pu assister à ce concert qu' à jeter leurs oreilles sur le splendide disque Live du groupe "Sangam" paru en 2006 sur ECM.

En deuxième partie était programmé le quintet de Manu Katché. Porté par une popularité quelque peu louche acquis à la télévision, Manu Katché ne m'a guère convaincu avec ce quintet Jazz au Hard Bop groovy assez convenu. Même si on a pu apprécier sa maîtrise de l' instrument, le jeu de Katché n' a guère brillé dans ce contexte jazz, son jeu trop statique n' a pas la souplesse propre au swing et plombe plus souvent la musique qu'il l' élève. En outre, Les musiciens ont offert des solos souvent médiocres. Seul le pianiste fortement inspiré par Hancock a offert quelques bons moments.
Le public lyonnais étrangement séduit par ce groupe a pu apprécier les talents d'habile communicant de Manu Katché qui a atteint dans son petit discours des sommets de démagogie.

Saturday, July 12, 2008

Return To Forever à Vienne !


C'est perché tout en haut du théâtre antique que j'ai pu assister à la fabuleuse performance des quatre membres de Return To Forever.
Chick Corea, Al DiMeola, Stanley Clarke et Lenny White ont montré leur immense talent et une merveilleuse complicité tout au long de ce concert mémorable.
La musique du groupe sait être savante tout en étant particulièrement entraînante et accessible. S'inspirant à la fois des univers du rock, du jazz et même de la musique espagnole et de la musique classique, leur musique offre une belle diversité.
On a pu une nouvelle fois apprécier les qualités d' improvisateur de Chick Corea. Al Di Meola nous a épaté avec des solos très rock et une virtuosité ébouriffante. Stanley Clarke est lui tout simplement monstrueux. Il est véritablement le pilier du groupe soutenant magnifiquement ses partenaires et offrant des superbes solos que ce soit sur sa basse électrique ou acoustique. Un Grand monsieur d' une élégance irréprochable, ce qui ne gâche rien !
Le groupe a repris nombre de leurs morceaux les plus connus notamment ceux issus du fameux "Romantic Warrior", ce qui nous a permis de (re)découvrir les qualités mélodiques de ces titres.


Quelques jours plus tôt, nous avons assisté au concert du quartet de John McLaughlin qui ne nous a pas transporté comme celui de Chick Corea et sa bande.
Des compos trop pauvres et une interaction entre les musiciens qui manquait de richesse et d'intensité. McLo a offert de beaux solos et son batteur n' a pas démérité mais la musique n' a pas vraiment décollé.
En première partie, nous avions la chance d' assister à la performance du Maria Schneider Big Bang. Héritière de l'esthétique de Gil Evans, Maria Schneider a offert une musique subtile avec de beaux mariages de timbres. Malgré la qualité des solistes, sa musique un peu trop sage et lisse ne nous a pas totalement convaincu.

Friday, July 11, 2008

Magnifique Sonny Rollins à Vienne !


Huit mille spectateurs s' étaient rassemblés une nouvelle fois pour applaudir Sonny Rollins dans son jardin, le théatre antique de Vienne. C'est déjà la quatrième fois que je le vois dans ce lieu en un peu plus de dix ans.
Dès le départ du concert, nous avons compris que nous allions assister à un grande soirèe. Sur "Sonny, please", un superbe thème modal, le maître se lance dans un solo au long cours magnifiquement inspiré. Le son toujours aussi superbe et la beauté de ses phrases nous transportent. "Pourquoi lire du Platon alors que le son d’un saxophone ténor peut nous ouvrir la porte d’un autre monde ?". Cette phrase de Cioran prend alors tout son sens.
Le concert se poursuit avec un Rollins toujours impérial. Pas une phrase qui ne dit pas l' essentiel et ne provoque une intense émotion. Le groupe tente de se mettre au niveau et il y parvient presque avec des beaux solos de guitare et de basse notamment sur l' émouvante ballade "In a sentimental mood". Le neveu de Sonny, Clifton Anderson au trombone, déçoit comme souvent. On aimerait tant voir un souffleur plus stimulant aux cotés de Rollins comme par exemple Don Cherry dans les annèes 60.
Les musiciens nous ont ensuite offert un superbe duo sax-percussions tout en finesse avant l' explosif "Don't Stop The Carnival" quelque peu écourté par rapport à d'habitude mais d' une belle intensité.
Après deux heures de grande musique, on pense que le concert est terminé avant que Jean-Paul Bouteiller, le directeur du festival, nous annonce que Rollins sera de retour dans quelques minutes.
Une vague de bonheur envahit le théatre, chacun ayant le sentiment d'assister à une soirèe magique.
La deuxième partie s'ouvre dans une atmosphère plus intime et Rollins semble avoir perdu un peu d' énergie et d'intensité. Pas grave, nous continuons à savourer le son de Sonny Rollins qui, une fois encore, a tenu son rang de géant du Jazz avec maestria.

Sunday, July 06, 2008

Ornette à Vienne !


Des millers de spectateurs s' étaient réunis au théâtre antique de Vienne pour applaudir la légende du Free Jazz, Ornette Coleman.
Accompagné d' un bassiste Anthony Falanga utilisant abondamment et avec grand talent l' archet, d'un bassiste électrique Al McDowell trés mélodique faisant sonner à s' y méprendre sa basse comme une guitare et de son fils Denardo à la batterie, le saxophoniste a livré une prestation émouvante nous donnant à entendre une sérénité nouvelle.
Ornette et son quartet ont visité de nombreux styles différents qui ont nourri la musique du maître, les standards de Broadway avec une superbe ballade, la musique classique avec une belle version d' un extrait des suites pour violoncelle de Bach, pour conclure avec une version de "Lonely Woman".
Les passages explosifs free se sont ainsi fait rares durant ce concert pour laisser place au lyrisme étrange et profondément original d' Ornette.
Une veine mélodique renforcée par le trio rythmique plus porté sur les développements mélodiques que sur le foisonnement rythmique. Un environnement parfaitement adapté à la nouvelle orientation d' Ornette.
Au final, un concert moins stimulant que celui de Wayne Shorter. A l'inverse de Shorter qui continue à ouvrir de nouveaux territoires musicaux comme aux plus grandes heures de sa carrière, Ornette semble à présent s'assagir et délivre une musique introspective comme une conclusion apaisée à des années de musiques tumultueuses.

Thursday, July 03, 2008

Wayne Shorter à Vienne !



Wayne Shorter a offert aux quelques milliers de spectateurs du théatre antique de Vienne un concert d' une rare intensité.
Ouvert par une magnifique performance du quintette à vents new-yorkais "Imani Winds" qui a joué une composition orignale écrite en collaboration avec le maître Wayne Shorter suivie par un morceau d' Astor Piazolla,le concert s' est poursuivi avec deux longs morceaux de Shorter avec son quartet de feu. Shorter a une manière particulière de débuter ses concerts. Les premières phrases brèves et presque hésitantes qu' il joue sont comme des incantations pour installer la magie de sa musique. Poussé par une rythmique époustouflante de précision et d' interaction (incroyable Brian Blade à la batterie, et les brillants Danilo Perez au piano et John Patitucci à la basse), Shorter atteint des sommets en appliquant à merveille la doctrine de Miles Davis, un de ses maîtres assurément, qui consiste à ne pas jouer beaucoup de notes mais à jouer les plus belles. La suite du concert marque le retour du quintette "Imani Windi" cette fois en compagnie de Shorter et son quartet. La beauté des arrangements répond à la liberté d' improvisation des musiciens du quartet. On quitte le concert béat d'admiration en se disant que nous avons vu un des plus grands maîtres du Jazz qui, à 75 ans, donne encore le meilleur de lui-même tout en poursuivant de nouvelles recherches musicales.


Quelques heures plus tôt, nous avons pu assister au concert de Carla Bley avec Paolo Fresu à la trompette et Andy Sheppard au sax. Musique trés (trop) écrite et quelque peu monotone mais tout en finesse avec de belles interventions solistes et des jolis dialogues entre les souffleurs. La section rythmique manquait cruellement de dynamisme avec Steve Swallow, Billy Drummond et Carla Bley dont le jeu au piano ne convainc décidément pas.


Quelques jours plus tôt, j' ai pu assister au concert de Diana Krall.
Elle a une nouvelle fois montré toute l' étendue de son talent avec des interprétations vocales pleines de swing comme "Frim Fram Sauce" ou l' inaugural " I Love Being Here With You" et des moments de grâce dans les ballades avec l' incontournable de son répertoire "A Case of You" et une superbe version de "Boulevard of Broken Dreams". On a pu apprécier aussi la qualité de son jeu de piano qui devient de plus en plus audacieux avec des passages solos plus fréquents et élaborés. Son trio rythmique distille toujours un soutien sans faille et des solos de grande qualité.
Dommage que la sono n' ait pas été à la hauteur avec l' ampli de la guitare qui a crachouillé pendant presque tout le concert. Faute à une balance négligée ou à un problème technique de dernière minute, mystère ! Un problème étonnant en tout cas pour des artistes de cette trempe.


La belle surprise de la soirèe est venue du concert d 'Avishai Cohen. En duo avec le pianiste Shai Maestro, le contrebassiste a offert une musique tout en douceur et en subtilité. La richesse harmonique du duo nous a fait penser à Bill Evans, ce qui n'est pas un petit compliment.Le final vocal a été un très beau moment d' émotion. L'attitude chaleureuse et décontractèe des musiciens a encore ajouté au charme de ce concert.

A Bientôt pour un nouveau compte-rendu viennois avec une soirée annoncée orageuse avec Ornette Coleman à l'affiche et ensuite Sonny Rollins, Chick Corea et d' autres.

Friday, April 04, 2008

Bootsy !

Bootsy Collins, géant du Funk, avec Fred Wesley et Maceo Parker.
Une vidéo incendiaire !

Swinguing Diana !

Bientôt à Jazz à Vienne, quelques vidéos pour nous faire saliver !



Thursday, March 20, 2008

Erykah Badu : New Amerikah Part I


Trés attendu par les amateurs de Nu-Soul et de musique black non formaté, le nouvel album d' Erykah Badu est une BOMBE !
La chanteuse sait se faire désirer, près de cinq ans sans nouvel album depuis le brillant "Worldwide Underground", la voici de retour avec ce superbe album créatif et innovant comme peu de disques contemporains.
Le premier morceau, en collaboration avec Roy Hayers, annonce la couleur magnifiquement en rendant un hommage explosif aux BO Blaxplotation. Le deuxième titre "The Healer", porté par un sample électro hypnotique, nous ouvre de nouveaux territoires sonores suivi par une splendide ballade jazzy "Me" conclu par un duo avec Roy Hargrove à la trompette qui évoque le passage en duo voix-trompette présent dans le premier album de la chanteuse "Baduizm". Sur "Soldier",on apprécie la rude rythmique Hip-Hop et le phrasé de la dame.
Dans la seconde partie du disque, on retrouve plus souvent le son acoustique qui a fait le succès de "Baduizm" mais toujours enrichi par des arrangements sophistiqués comme dans le superbe "That Hump".
On peut aussi souligner la cohérence du projet malgré la diversité des collaborations. Une musique d' une grande richesse qui porte un discours politiquement incorrect abordant tous les sujets qui agitent la société américaine.
On attend la suite annoncée pour juillet avec impatience!

Le clip d' "Honey", premier single de "New Amerikah", sans doute pas le meilleur titre de l' album mais peut-être le plus adapté aux radios. Le clip en hommage aux pochettes de disques mythiques de la musique black (on remarquera "Maggot Brain" de Funkadelic!) est trés sympa.



Eryka Badu : On & On (1997), la grande classe !



Erikah en Live : I Want You



Pour que ça sonne Funk : D'Angelo : Chicken Grease

Thursday, March 06, 2008

Remember Oscar Peterson


Décédé le 23 décembre dernier, le pianiste Oscar Peterson est aujoud'hui reconnu comme l' un des plus grands musiciens de l' histoire du Jazz. Pourtant cette évidence a mis du temps avant d' être unanimement partagée dans les cercles du jazz. A une époque où amateurs et critiques acclament des "révolutionnaires" comme Thelonious Monk, Charles Mingus ou John Coltrane, Oscar Peterson apparait comme un homme du passé. Il est vrai que son jeu hérite directement de celui d' Art Tatum et on peut aussi entendre l' influence du stride de James P. Johnson, la modernité de Bud Powell et la délicatesse de George Shearing. Plus qu' une révolution, Oscar Peterson offre une splendide synthèse.

Pour Jacques Réda, il est "le dernier grand luxe du jazz." Il allie comme aucun autre toutes les qualités que l'on peut attendre d' un musicien. "L' art des progressions et des contrastes. Le sens des climats. L' ultra-souple dans l' ultra-véloce. L' éclat. La pénombre. Le clair-obscur. Le velours. La dynamite. Et puis toutes les autres qualités techniques exigibles d' un pianiste de concours et qui les remporte. C' est beaucoup ? Certes. Cependant ça ne suffirait pas, s' il n' avait en outre les deux essentielles, les deux innées qui donc ne s' acquièrent pas et que le développement des précédentes renforce : un son, et surtout LE swing. " (in Jacques Réda, Oscar Peterson, le velours et la dynamite, Jazz magazine, février 2008)

Où retrouver toutes ces qualités sur disque ? Nous n' avons que l' embarras du choix. Oscar Peterson enregistra de 1950 à 2007 plusieurs centaines de disques en leader ou en sideman, la grande majorité pour Norman Granz qui le découvre dès 1949 et le fait participer à un mémorable concert du "Jazz at the Philarmonic" au Carnegie Hall avec Lester Young et Charlie Parker, (voir l' article du NY Post sur http://www.collectionscanada.gc.ca/oscarpeterson/m3-3024-f.html)

Dans cette production pléthorique, peu de disques sont médiocres y compris ceux en sideman où Peterson donne souvent le meilleur de lui-même. Certains semblent tout de même se détacher et présenter la quintessence d' Oscar Peterson. Essayons-nous de manière chronologique à cette sélection.


Les premiers enregistrements d' Oscar Peterson datent de 1945. Mais c'est en 1950 que Peterson trouve sa véritable personnalité musicale avec une série de duos avec les contrebassistes Ray Brown (déjà!) et Major Holley.
En 1952, il forme un trio avec le guitariste Barney Kessel remplacé bientôt par Herb Ellis et Ray Brown. Ces trios sont remarquables par leur cohésion et le Swing endiablé qui se dégage de leurs performances publiques. Deux disques en sont un superbe témoignage "At the Stratford Shakespearean Festival" (1956) et "At the Concertgebouw" (1957). Le dernier offre des versions extraordinaires de classiques Bop tels "Budo", "Daahoud" et "Joy Spring".



En 1958, Herb Ellis est remplacé par le batteur Ed Thigpen et c' est le début d' une période particulièrement fructueuse pour Peterson dont le sommet est sans doute l' album proche de la perfection, "We Get Requests" (1964). Il faut aussi signaler l' excellent "Night Train" (1962), le réjouissant "Trio+1" (1964) avec Clark Terry et le formidable Live "The Sound of The Trio" (1961).
C' est aussi à cette époque où les enregistrements en sideman se multiplient. Mes favoris sont ceux où il accompagne Lester Young, Louis Armstrong, Lionel Hampton et Buddy DeFranco, sans oublier un fantastique Live avec Stan Getz et JJ Johnson.


Dès 1964, il enregistre régulièrement dans le studio de Hans Georg Brunner-Schwer à Villingen en Allemagne. Bénéficiant de conditions idéales, il y enregistre quelques-uns de ses plus beaux disques dont une splendide séance en solo en 1968 publiée sous le nom "My favorite Instrument". Ces séances sont réunies dans le coffret "Exclusively For My Friends".
Dans les annèes 70, il enregistre de nombreux duos, notamment avec les trompettistes Dizzy Gillespie, Roy Eldridge et John Faddis.
En 1993, il est victime d' un accident cérébro-vasculaire. Il arrive toutefois à revenir sur scène mais, victime de l' arthrite, ne peut plus utiliser normalement sa main gauche. C' est à un de ces concerts où il luttait contre la maladie que j' ai eu la chance d' assister au festival "Jazz à Vienne" en 2005.